Marcel Touquet naît le 10 octobre 1914 à Péret-Bel-Air, en Corrèze, dans le diocèse de Tulle. Installé très jeune à Clichy, en banlieue parisienne, il y trouve un emploi de magasinier. Il était courant à l’époque pour des jeunes venant de zones rurales d’aller vers les centres urbains pour trouver du travail et de meilleures opportunités.

Il s’engage dans la section locale de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), mouvement catholique fondé en 1925 pour aider les jeunes à vivre leur foi dans le monde du travail, à défendre leur dignité et à s’engager pour plus de justice sociale. La JOC repose sur une méthode simple, « voir, juger, agir », qui invite à observer la réalité, à l’éclairer à la lumière de l’Évangile, puis à agir concrètement. En France, la JOC a joué un rôle important dans la formation humaine, sociale et spirituelle de nombreux jeunes ouvriers, surtout entre 1930 et 1950. Marcel Touquet devient rapidement le responsable fédéral jociste pour Paris-Nord. Cette fonction lui permet de s’investir pleinement dans l’accompagnement spirituel et social des jeunes ouvriers.

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, il est mobilisé avec le grade de sergent. Il sert au front à Sedan. La percée allemande dans les Ardennes, qui aboutit justement à Sedan, sonne le glas de la campagne de France et des espoirs de victoire anglo-françaises. Démobilisé après la débâcle, il reprend ses activités, notamment dans la JOC. Il se marie en octobre 1942. Peu après, il est envoyé en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire (STO). Sa femme, alors enceinte, doit rester seule.

Placé à Berlin, il ne renonce pas à son engagement catholique qu’il reprend dès décembre 1942. Devenu l’un des responsables de l’apostolat catholique clandestin, il organise des activités spirituelles parmi les travailleurs français. Bravant l’interdiction des autorités nazies, il transmet informations et soutien aux camarades ouvriers grâce à ses liens avec des prêtres et des membres des réseaux chrétiens de la résistance. Il poursuit son action malgré le décret nazi du 3 décembre 1943 qui criminalise l’action catholique auprès des travailleurs français. Les rapports entre les nazis et les catholiques ont toujours été conflictuels. Malgré le concordat avec le Vatican, signé en 1933, le régime hitlérien multiplie les actes hostiles (surveillance, propagande antichrétienne, arrestations de prêtres et dissolution des mouvements catholiques) ; le nazisme, idéologie totalitaire et raciale, étant fondamentalement incompatible avec la foi chrétienne, qui affirme la dignité de toute personne.

Reconnu comme un élément central de l’action catholique, Marcel Touquet est finalement arrêté le 25 août 1944 pour toutes ses actions de résistance. Il est déporté au camp de Sachsenhausen puis à celui de Ravensbrück où il porte le matricule 11403. Dans le contexte de revers que connaît le régime nazi, il est transféré au kommando de Peenemünde, qui est un camp annexe du système concentrationnaire nazi, rattaché notamment à Ravensbrück et Sachsenhausen, situé sur la côte de la Baltique. Là, les déportés sont contraints de travailler dans des conditions extrêmes sur des sites militaires secrets, en particulier pour le programme des fusées V2. La mortalité y est très élevée. Finalement, au plus fort de la débâcle allemande, Marcel Touquet est placé dans un convoi de détenus malades qui est abandonné en pleine forêt. Il meurt ainsi en déportation à la fin de l’hiver 1945, sans doute après le 24 janvier 1945, lors de ce convoi inhumain.

En 1988, l’Église reconnait que la haine de la foi a motivé la persécution de Marcel Touquet et par là même son martyre. La démarche de béatification est lancée jusqu’à la reconnaissance officielle du martyre par le pape Léon XIV. Marcel Touquet est béatifié le 13 décembre 2025 à Notre-Dame de Paris parmi un groupe de 50 martyrs français du nazisme.

 

Raymond