Après neuf années à Puteaux, l’heure de faire mes cartons est arrivée. Je ne suis pas né en arrivant à Puteaux ; logiquement, je ne meurs pas en vous quittant, je pars.

Les prêtres passent, l’Église demeure. Le prêtre est avant tout un serviteur du Christ et de l’Église, envoyé pour annoncer la Bonne Nouvelle. Jésus nous appelle parfois des « serviteurs quelconques », et pourtant essentiels. Saint Paul écrivait que l’un sème, l’autre arrose, mais c’est Dieu qui donne la croissance. Voilà comment je vois le prêtre.

Que pourrais-je vous dire au bout de ces neuf années passées au milieu de vous ? C’est beaucoup d’émotions, contenues, certes, car je ne suis pas du genre expansif, beaucoup de bons souvenirs, beaucoup de gratitude, et tant d’amitiés aussi. Peu de déconvenues, j’en rends grâces. Je n’ai pas l’intention d’énumérer tout ce que j’ai pu ou voulu faire. Parce que, je le crois profondément, ce qui se vit ici, à Puteaux, comme dans chaque communauté chrétienne, n’est pas d’abord ni uniquement l’affaire du curé et des prêtres. Une paroisse, ce n’est jamais l’affaire d’un clan ou d’une chasse-gardée.

Dans le livre des Actes des Apôtres, qui raconte comment l’Évangile s’est répandu dans tout l’Empire romain, le personnage principal, ce ne sont pas les apôtres, c’est l’Esprit-Saint. Les disciples viennent toujours après le Saint-Esprit qui agit, prépare et travaille les cœurs. Il bouleverse leurs plans. Je l’ai toujours ressenti dans mon ministère à Puteaux. Chacun apporte ses compétences, mais c’est l’Esprit qui donne chair et souffle à tout. Sans l’Esprit, vouloir faire la mission devient autre chose.

Je suis reconnaissant à mes frères prêtres et diacres. Nous vivons ensemble, et chacun, sincèrement, m’a aidé à continuer d’avancer, heureux, sur ce chemin du sacerdoce. Merci Alain, Hugues, Yves, Casimir, Julien. Ce ne sont pas que des mots. Les prêtres sont des êtres humains – ce n’est pas un scoop – avec leurs lots de pesanteurs, et une vie fraternelle authentique n’est jamais gagnée d’avance. Durant ces 9 ans, je témoigne que j’ai eu beaucoup de chance. Oui, merci à vous, chers frères.

Un prêtre ne fait jamais l’unanimité. Mais, avec ses forces et ses faiblesses, il est l’envoyé de Dieu parmi vous. Si, de quelque manière, j’ai pu vous blesser ou vous contrarier, je vous en demande sincèrement pardon… Enfin, merci, merci pour tout. Ces 9 années ont été, je le dis sincèrement, de belles années de ma vie, de mon ministère (presque 1/3 de mon ministère total !). Je rends grâce à Dieu pour la ferveur de votre foi, la générosité de vos talents, la charité active que vous manifestez, et que j’ai observée et dont j’ai bénéficié à de multiples reprises.

Que le Seigneur Jésus vous bénisse, et que la Vierge Marie vous protège. Et, s’il vous plaît, je vous demande de ne pas oublier de prier pour moi.

P. Maurice